Plongée souterraine St Georges / Padirac – Août 2014

Vous trouverez ci-joint le bilan des plongées d’août 2014 pour la progression St Georges-Padirac

Bilan des plongées 2014 à St Georges – JP Stefanato

L’historique :

La source de Saint-Georges, à Montvalent dans le Lot, est la principale résurgence active de la rivière qui parcourt le gouffre de Padirac. Edouard-Alfred MARTEL, l’inventeur de la spéléologie, avait prédit qu’un jour les spéléologues, suivant le cours de la rivière, ressortiraient à Saint-Georges. Une traversée semblable a déjà été réalisée en 1996 par Bernard GAUCHE, à partir d’une autre résurgence temporaire du gouffre, la source de la Finou. Mais la traversée depuis Saint-Georges reste à faire, bien que la connexion entre les deux systèmes ait été concrétisée en 2003 par l’anglais Rick STANTON, le douzième siphon amont de SaintGeorges étant relié au cinquième siphon aval de Padirac.

Les plongeurs de la CNPS ont contribué à la connaissance de la source de Saint-Georges, en progressant jusqu’au huitième siphon entre 1991 et 1993, sans parvenir à trouver la suite. C’est donc naturellement que nous avons repris contact avec la source en 2010 et les années suivantes, afin de la rééquiper en fil neuf et de refaire la topographie.

La recherche de la jonction :

En 2014, les choses se précisent et nous sommes fin prêts pour poursuivre nos visites au-delà du deuxième siphon, ce qui représente déjà une traversée en plongée de 1600 mètres, avec une zone profonde à -78. Le week-end du 1 er mai, les conditions de visibilité sont très mauvaises et n’autorisent pas des plongées efficaces, aussi, nous remettons la suite au pont du 14 juillet, durant lequel trois plongeurs franchissent le S2, dont Clément CHAPUT qui, malgré la découverte de 800 mètres de galerie derrière le septième siphon, ne parvient pas à trouver le passage vers le neuvième. Nous revenons pour le week-end du 15 août où Clément plonge seul, les autres équipiers étant indisponibles ou malades. Grâce aux explications complémentaires de Rick, il parvient sans encombre jusqu’au neuvième siphon, puis jusqu’à la jonction dans le cinquième siphon de Padirac. Il ressort au bout de 15h30 sous terre, succession d’immersions et de progressions exondées en solitaire. La route est désormais tracée pour poursuivre l’exploration et la topographie de cette zone complexe et, aussi, pour une future traversée depuis la source jusqu’au gouffre.

La traversée :

Après avoir obtenu l’accord indispensable de la société de gestion du gouffre de Padirac, Bernard et Clément programment la traversée pour la période du 16 au 19 octobre, depuis Montvalent jusqu’à Padirac.

Du 12 au 14 septembre, Bernard et Clément se rendent à Padirac pour porter du matériel de bivouac jusqu’au camp des 5000. Bernard se rend seul aux 10000, Clément s’étant blessé à une cheville.

Le 15 octobre, tous les participants plongeurs et spéléos se retrouvent à Padirac, pour les dernières consignes de la traversée. La société de gestion du gouffre est très présente pour s’assurer du sérieux de l’organisation. Il faut gérer les interviews et la présence des journalistes et des officiels, particulièrement lors la mise à l’eau du binôme Clément – Emmanuel, le 17 à Saint-Georges.

La jonction entre Clément, entré dans Saint-Georges, et Bernard, entré dans Padirac, a lieu le 17 à 20h entre le S4 et le S5 de Padirac. Ils ressortent ensemble du S1 de Padirac à 23h30. Du côté de Saint-Georges, les plongeurs (Manu, Jérôme, JeanMichel et Laurent) ressortent après pas mal de péripéties, le samedi à 5h30. Les derniers équipements, ou presque, sont sortis dans la journée du 18, malgré des conditions de plongée compliquées entres autres, par une visibilité très dégradée et quelques incidents matériels.

Dans le gouffre, après avoir pris un peu de repos, le retour vers la surface s’effectue en deux étapes, et le dimanche 19, tous les participants, spéléos, plongeurs, accompagnateurs, journalistes, se retrouvent à 13h au terminus des touristes à Padirac, en présence des dirigeants de la société de gestion du gouffre.

Le 8 novembre, Clément franchit à nouveau le S2 de Saint-Georges, pour récupérer les dernières charges qui n’avaient pas pu être rapportées le 18 octobre. Maintenant que tout est ressorti, c’est le moment de faire le point sur l’état du matériel, qui a été bien malmené en raison des conditions particulièrement agressives de la cavité. Il y a de la réparation dans l’air !!

Des conditions très particulières :

Les difficultés de cette opération sont liées au caractère très varié des progressions depuis la source jusqu’à la sortie du gouffre, qu’on peut schématiquement décomposer en trois phases :

  • Pour commencer, une progression entièrement immergée de 1600 mètres, avec une zone profonde à -78 qui oblige l’emploi de techniques lourdes de plongée : recycleurs, scaphandres de sécurité, combinaison étanche, scooters, décompression.
  • Ensuite, une zone de 5 km de parcours mixte, avec une succession de siphons peu profonds et de parcours spéléologique exondé. Pour passer de la première zone à la seconde, le plongeur est obligé de se rééquiper entièrement : scaphandres en circuit ouvert, combinaison humide, matériel de progression spéléo.
  • Et enfin, pour terminer la traversée, les 10 km de la rivière de Padirac qui alterne bivouac souterrain, navigation en canot pneumatique et progression spéléo sur agrès.

Remerciements :

– A la société de gestion du gouffre de Padirac, pour son soutien au projet de traversée et pour son accueil,

– A la FFESSM, qui a soutenu financièrement et matériellement ce projet,

– Au CIALPC, qui a mis à disposition sa plateforme de gonflage tous gaz,

– A Joël PRAX, de Diving Equipement, pour les prêts de matériel,

– A Franz SCHÖNENBERGER, pour son prêt d’une combinaison étanche SFTech,

– Au SSF Côte d’Or, pour le prêt des tellurophones, qui ont permis les jonctions phoniques derrière le S2 de Saint-Georges et au camp des 10000.

Les participants à la traversée :

– Plongeurs : Clément CHAPUT, Bernard GAUCHE, Emmanuel ETIENNE, Bruno POMMEPUY, Pascal HOPITAL, Arnaud DION, Jean-Michel FERRANDEZ, Laurent LABOUBEE, Jérôme IZARD, Armel KERDONCUFF, Sylvain GRENET, Patrick BOLARD, Bruno ROSSIGNOL, Bernard LE BIHAN.

– Spéléos : Alexandre GAUCHE, Vincent GOURMEL, Jean-Marc CHAPUT, Gilles JOLIT, Marie SALLILAS, Samuel BONNIN, Ludovic GUILLOT, Mathieu JAMBERT, et l’équipe photo slovène.

– Surface : Gabrielle SCHMIDT, Sandrine RIVIERE, Jean-Claude COLLETTE, Maria LEBIHAN, Yoann CHAPUT, Jean-Pierre STEFANATO.